Zermatt Unplugged - Musicfestival 17.-21. Avril 2012
Ma, 13.04.10 | Me, 14.04.10 | Je, 15.04.10 | Ve, 16.04.10 | Sa, 17.04.10

4e jour : les Suisses à l’affiche!

Enfin lui ! Stephan Eicher…si ardemment attendu par ses fans. Le chanteur a joué totalement « débranché » dans l’immense et splendide chapiteau du festival, rehaussé des accents de matériaux divers dans le plus pur style de Heinz Julen. Designer talentueux, Zermattois dans son corps et dans son âme et l’un des fondateurs de Zermatt Unplugged, Julen a méticuleusement disposé sur scène du bois de chauffage, habillé les premiers rangs de peaux de moutons et accroché au sommet du chapiteau un immense lustre d’acier néobaroque de sa création, vers lequel Stephan Eicher n’a cessé de lever les yeux.

« Je n’ai pas d’ami comme toi » fut la première chanson entamée par le rocker – nous non plus, lui aurait volontiers répondu le public. Tous ceux qui comprennent la langue suisse alémanique ont eu chaud au cœur lorsque Eicher, originaire de Münchenbuchsee, a commencé à parler en dialecte bernois. Et en l’occurrence, son « ungloublich » Reyn Ouwehand qui l’accompagnait au piano avec une incomparable virtuosité, se révéla un phénomène en lui-même, en particulier lors de l’interprétation des chansons évoquant sa région d’origine. Et le plus inouï : les nombreux francophones présents ont chanté en chœur lors de l’interprétation des titres « Campari Soda », « Hemmige » et « S’isch äbe ne Mönsch uf Ärde ». Car Eicher est aussi une superstar en France et s’est d’ailleurs récemment installé dans la capitale française. Lors de ses concerts qui affichent toujours complets à l'Olympia de Paris, le public entonne ses chansons mot pour mot avec lui, même si « les mots irritent la gorge », comme on a pu lire dans la presse française.

Ce n’est qu’à regret que le public s’est résolu à laisser partir Eicher, le polyglotte aux solides racines suisses et à l’âme de gitan. D’ailleurs, seulement au terme d’une deuxième reprise passionnée de « Déjeuner en paix ». Fort heureusement, une autre artiste helvétique prenait alors la relève au Vernissage, la formidable Heidi Happy alias Priska Zemp, originaire de Dagmersellen (à prononcer « Da-mer-säuuue »), village de la campagne lucernoise.

Depuis ses études musicales à Amsterdam, la chanteuse de 30 ans a su établir des contacts précieux tant au niveau musical qu’au niveau international. Elle n’hésite pas à ironiser toutefois avec finesse sur ses origines - hier soir par exemple, elle portait une blouse rouge à volants et un pantalon noir à pinces des années 80 comme si sa devise était : « Fille des campagnes, sors dans le vaste monde (de glace de Zermatt) et pomponne-toi ! » Là encore, quelle performance… Auteur, compositeur et interprète, Heidi Happy était accompagnée par Ephrem Lüchinger, tous les deux jouant avec virtuosité de plusieurs instruments. La jeune femme a réussi avec sensibilité et subtilité à emmener le public dans son monde… un monde souvent tout sauf heureux. Sans doute la raison pour laquelle le public a été si profondément touché.

 

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